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Noir.e.s

C’est presque la fin du monde là où vit Ashley :

 » À Los Angeles, on dit qu’il existe quatre saisons : les incendies, les inondations, les tremblements de terre et la sécheresse. »

Ashley n’a que 17 ans, adolescente, elle a toute sa vie devant elle, et pourtant elle connaît déjà cette forme de racisme tant médiatisée :

« L’agent était plus jeune que ma mère et avec un bouc blond – son bouc du lycée sans doute. Il avait une tête d’ex-harcelé devenu harceleur ; c’était le genre de gamin à la fois trop gros, trop pauvre ou trop stupide, et qui désormais jubilait de pouvoir interpeller toute personne qui lui paraissait « trop » quoi que ce soit. Dans le cas de ma mère et moi, « trop » noires.

Cependant, elle et sa famille vivent dans un quartier bourgeois et Ashley côtoient des personnes Blanches. Ses amies sont blanches :

 » – Je ne comprends pas pourquoi tu passes ton temps avec ces filles alors que tu me répètes qu’elles sont horribles, dit Lucia. »

À cet âge-là, la vie est compliquée, boursoufflée par des mésaventures, des découvertes, des choix :

« Parfois, j’ai l’impression que grandir signifie trouver un coin sûr où s’abriter quand la terre tremble, des gens de confiance contre qui se serrer, des racines solides. »

J’ai aimé ce roman que j’ai lu en une traite. L’histoire qui se déroule autour d’Ashley, semblable à un arbre de vies modernes, aux relents déguisés par le passé :

« Tous les cinq ont emménagé dans une petite maison d’un quartier ouvrier calme qui, après des années de négligence sociale et de lois discriminatoires, est devenu un ghetto. Mais avant, c’était un coin arboré, avec des pelouses toutes vertes et des voisins attentionnés qui vous racontaient leur vie en arrosant leurs plantes. Ils étaient venus à Los Angeles pour échapper à Jim Crow, pour bénéficier de quelques orangeraies, de la brise océanique et du soleil éclatant. »

Alors, dans ce roman, vous n’allez pas découvrir un personnage menant une vie de rêve, dorée ou facile. Non, cette future jeune femme s’apprête à affronter son avenir, à se poser les bonnes questions dans un monde où être Noir.e.s au 20ème siècle reste le même problème à surmonter au 21ème siècle :

« Parfois, c’est difficile d’être une fille, et c’est difficile d’être noire. On porte un double fardeau mais on n’a pas le droit de s’en plaindre. Il y a tellement de choses à se rappeler pour se conduire comme il faut. »

Je vous laisse donc découvrir cette petite merveille !

The black kids de Christina Hammonds Reed, traduit par Rosalind Elland-Goldsmith, aux Éditions SLALOM, Collection SLALOM, 416 pages, à partir de 13 ans (3.06.21)

@hambreellie

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