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Une autrice engagée

Voici venir l’interview de Sophie Noël

@hambreellie : Nous nous sommes rencontrées en 2019, lors du Salon du Livre Jeunesse. Une rencontre que j’avais beaucoup apprécié. Comment vivez-vous cette année sans salons ?

@sophie : Depuis l’arrivée de la Covid, les salons sont annulés. C’est pour moi un vrai manque car les salons sont des moments privilégiés pour rencontrer nos lecteurs … mais aussi retrouver nos ami.e.s autrices et auteurs et nos éditeurs. Il y a souvent une bonne ambiance et ce sont des moments agréables de partages, d’échanges et de rires. Cette année est donc bien triste en raison de l’annulation de tous ces salons. Le rendez-vous de Montreuil est important, et cela m’a fait bizarre d’avoir un mois de novembre (2020) sans cette perspective … Mais je reste positive, et me projette sur l’année prochaine en croisant les doigts que tout aille bien !

@hambreellie : Depuis quand écrivez-vous ?

@sophie : J’ai commencé à écrire à l’âge de 8 ans, quand ma grand-mère m’a offert un « carnet de pensées ». J’y écrivais tout ! L’habitude m’est restée, et j’ai passé des années à noircir mes carnets de mon quotidien, de poèmes et de contes, sans jamais penser que je pourrais être éditée. Et puis, il y a une dizaine d’années, j’ai transformé l’un de mes contes en roman et l’ai envoyé à des maisons d’édition. J’ai eu la chance d’être rapidement publiée. Depuis, les choses s’accélèrent et j’ai de nombreux projets qui verront bientôt le jour.

@hambreellie : Avez-vous essuyé des refus ?

@sophie : Oh la la ! Plein 🙂 Mais j’ai appris à ne pas me décourager. Par exemple, mon roman Jeanne de Mortepaille a été écrit il y a dix ans. À l’époque, aucun éditeur n’en voulait. Je l’ai rangé dans un coin et l’ai ressorti sept ans plus tard. Je l’ai retravaillé, et représenté à des maisons d’édition. Cette fois-ci, deux d’entre elles ont été intéressées et j’ai pu voir mon histoire publiée. J’ai plusieurs manuscrits qui dorment dans mon ordinateur : soit ils ont été refusés, soit je ne les sens pas encore tout à fait prêts. J’apprends à être patiente, et surtout, je suis convaincue qu’il est important d’avoir un regard critique sur son propre travail : des fois, il faut avoir l’honnêteté et le courage de voir les défauts de ses textes et ne pas hésiter à beaucoup les retravailler.

@hambreellie : Quelle est la plus belle chose dans votre métier ?

@sophie : Il y en a plusieurs. D’abord, le moment d’écriture, où l’on se surprend soi-même avec ce qui sort de notre imagination, est un beau moment. Se dire que l’humain a une telle créativité en tête, et qu’un auteur réussit à l’en extraire pour écrire des histoires, je trouve ça fabuleux. J’ai constaté avec des élèves d’ateliers d’écriture que cette richesse intérieure était présente chez tous, cela me fascine. Ensuite, il y a le travail en partenariat avec les éditeurs. Un véritable échange fructueux pour parfaire le texte et confronter ses idées et sa façon de voir les choses avec une autre personne dans l’objectif commun de créer un bel objet. Et puis, les rencontres avec les jeunes (ou moins jeunes) lecteurs est toujours quelque chose d’émouvant. C’est pour eux qu’on écrit et écouter ce qu’ils ont à dire est la plus belle récompense.

@hambreellie : Est-ce prévu un 3ème tome pour Les Pointes Noires ?

@sophie : Oui, je suis en pleine écriture du tome 3 des Pointes noires. Il sera assez différent des deux premiers.

@hambreellie : Vivez-vous aujourd’hui pleinement en tant qu’autrice ?

@sophie : Je suis en effet autrice à plein temps. Entre l’écriture et les rencontres avec les lecteurs, c’est devenu mon métier (avant, j’étais institutrice).

@hambreellie : Vous êtes végétarienne, à quand un livre jeunesse qui traiterait du sujet ?

@sophie : Ah ! Ah ! Il y a peut-être un petit quelque chose en préparation à ce propos 🙂 Quoi qu’il en soit, j’aime inclure dans mes romans ces choses de moi. Les valeurs qui me portent dans la vie de tous les jours se retrouvent fréquemment dans mes livres. De façon plus ou moins nettes, mais en regardant bien, on finit par le voir : Jeanne de Mortepaille, par exemple, parle de féminisme, mais on y aborde aussi le végétarisme de façon très discrète, ainsi que de nombreux autres thèmes qui me sont chers, comme par exemple l’écologie et le respect animal.


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